Conclusion
Great Pacific Garbage Patch est un fléau des temps modernes. Une poubelle flottante sur plusieurs couches d’épaisseur, constituée par les rejets de nos sociétés : il est certain que l’absence ou quasi absence de politique de gestion des déchets dans les pays les plus pauvres alimente cette poubelle marine. Mais les pays développés sont également responsables puisque le développement des échanges internationaux a entraîné la forte croissance du trafic maritime et généré l’augmentation des rejets de détritus par-dessus bord de la part des équipages employés par compagnies maritimes indélicates. Ainsi, les responsables de cette pollution sont nombreux et c’est l’humanité toute entière qui est collectivement responsable de ce problème.
Cette pollution est presque invisible : lointaine, elle n’émeut que peu de personnes. Elle est en fait insidieuse car à chaque fois que nous avalons du poisson, une parcelle de ces détritus se retrouve dans notre propre corps : et voici le pollueur « pollué ». Le drame, c’est que l’on ne s’en rend pas compte. Et l’on s’en rendra compte trop tard et sans faire de lien direct entre le mal qui pourra nous ronger et cette constante exposition à la pollution. En laissant prospérer cette poubelle géante, nous menaçons l’avenir d’un des plus importants écosystèmes de la planète. Nous transmettons aussi un grave problème aux générations futures en hypothéquant un peu plus l’avenir de l’humanité et des autres espèces vivantes.
Alors que faire face à ce mal ?
Force est de constater que les solutions actuellement mises en œuvre pour lutter contre cette forme de pollution sont à leur balbutiement : concrètement, il n’y a pas de solution de nettoyage de cette poubelle marine du Nord Pacifique. Par ailleurs, il faut admettre que les politiques de développement durable s’installent dans les pays riches mais restent lettre morte dans la plupart des pays pauvres. Or la solution à ce mal réside dans la coordination de l’ensemble des pays : c’est collectivement que nous pourrons lutter contre ce fléau. Cela nécessite, à notre avis, la création d’une agence internationale spécifique au traitement des déchets, dotée de moyens financiers et humains suffisants. La mission de cette agence serait d’établir les normes de traitement, d’aider les pays les plus pauvres à définir et mettre en œuvre leur politique de traitement des déchets, de financer certaines infrastructures, de contrôler l’application des normes et éventuellement de sanctionner. Finalement, elle pourrait être l’équivalent de l’agence internationale de l’énergie atomique : l’une surveille la non-prolifération des armes nucléaires, l’autre pourrait surveiller la non-prolifération des déchets qui terminent souvent leur vie dans les océans. Bien sûr les missions de cette agence donneraient lieu à un effort de communication car c’est chaque personne individuellement, qui est concernée par ce problème.
Nous comprenons donc que la lutte contre cette pollution nécessiterait une prise en charge collective, organisée mais également individuelle. Les conditions ne semblent pour l’instant pas réunies pour y parvenir. Il faut donc poursuivre la sensibilisation des esprits qui permettra la prise de conscience puis l’action : cela rejoint aussi le but de notre travail.